Le blogue du Théâtre Et Cetera, la nouvelle cie théâtrale de Trois-Rivières. Un moyen pour nous de garder contact avec notre public et les artisans de la scène trifluvienne.
Encore une fois, je parle d'improvisation. La saison théâtrale est relativement tranquille et les ligues d'improvisations sont dans leur dernière semaine d'activités donc il s'agit là du sujet du jour... Il y a une question que je continue de me poser depuis quelque temps… Qu'est-ce que l'impro? Un jeu, un art, une compétition... Je ne sais plus. Il y a de ça quelques années, ceux qui disaient connaître l'improvisation, parlaient de l'interprétation de leurs personnages, de leur capacité à bien écrire une histoire, de donner au public une performance qui s'approchait du théâtre. Aujourd'hui, le discours a changé. Ceux qui « connaissent l'improvisation » parlent de tactique pour contrer l'adversaire, de contrer le travail de l'arbitre pour aller chercher la faveur du public et surtout, ils parlent de victoire. Aujourd'hui, on ne se contente plus d'interpréter ou d'écrire, ont veut surprendre le public. On veut le surprendre à tout prix, au détriment même de toutes les choses qui ont fait la force de l'improvisation dans le passé. Aujourd'hui, ceux qui « connaissent l'improvisation » veulent à tout prix changer la structure pour l'adapter à ce qu'ils ne sont pas capables de faire. « Je n'ai pas le talent pour interpréter » « l'interprétation c'est du passé » « Je ne sais pas écrire lorsque je suis sur scène en improvisation » « L'écriture ce n'est plus important aujourd'hui, l'impro est passé à autre chose. » Il y a un danger énorme lorsqu'on s'attaque aux structures qui sont en place souvent depuis quelques décennies. Il ne faut jamais oublier que des gens ont travaillé pendant des années pour faire de ce spectacle ce qu'il est aujourd'hui. Ils ont pris des décisions, ils ont construit un moule. Il faut arrêter de penser que le moule doit s'adapter à ses participants à chaque fois que ceux-ci le désirent. L'impro évolue, cela est certain, mais à travers les années il y a une continuité à laquelle il faut s'attacher. N'en déplaise à ceux qui en sont incapables. Vous n'avez qu'une chose à faire où vous adapter, vous suivre un cours d'artisanat... Là au moins vous serez libres de créer comme bon vous semble...
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Salut Stéphane,<br />
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Je me permets une petite réponse à la va-vite. Effetivement, on ne parle plus d'improvisation aujourd'hui comme on en parlait avant. En fait, à l'origine l'impro était une façon pour des comédiens professionnels déjà ultra-performant de se mettre au défis. Toute les règles et protocoles ont été inventé pour contraindre le comédien au maximum. C'était alors des comédiens qui devenait joueur pour un moment.<br />
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De nos jours, on enseigne l'impro dès le primaire, ce ne sont donc pas des comédiens voulant se lancer un défis grâce aux contraintes protocolaires de l'improvisation. Il s'agit avant tout de joueurs qui deviennent des comédiens pour un moment. Je crois que lorsqu'un joueur commence par l'impro ou même ne fait tout simplement pas de théâtre. Pour lui la structure du jeu impose le style. Par exemple, la limite de temps des impros au lieu d'être vue comme un frein castrant à l'écriture; est désormais perçu comme un format (comme en télé ou en radio) qui comporte une recette et permet le gag à la fin. <br />
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L'impro style gravelien par son format appel un certain type de jeu: comme le dirait Mc Luhan le médium est le message. Cependant il y a des gens qui ne veulent pas se faire contraindre par le protocole. Ces rebelles vivent de graves frustration à chaque fois que le public vote pour quelque chose de "facile" et voudraient jeter la serviette à chaque fois qu'un joueur beau-bonhomme à la verve trop facile les empêche systématiquement de construire de belles histoires. <br />
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C'est pourquoi, je crois que deux écoles de pensées sont en train de se forger. La première ressemble à celle que tu décris dans ton message: en passant je ne crois pas que ce type de jeu soit négatif surtout lorsqu'il est fait avec brio. La deuxième école serait celle du théâtre spontanée, les gens qui veulent improviser des choses qui ressemblent à du théâtre. La question que je pose alors aux partisants de cette école; Pourquoi prenez-vous le contenant de l'improvisation gravellienne alors? Ce contenant ne permet aucune technique de scène, aucun accessoire/costume, il limite le temps et les impros vous semblent toujours trop courtes... Pourquoi ne pas créer un nouveau contenant mieux adapté à votre volonté?<br />
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L'impro évolue et c'est tant mieux, le jeu aussi il faut s'y faire. Cependant il y a encore de la place à l'intérieur ou à l'extérieur du contenant gravellien pour du "beau jeu" et pour l'inteprétation et l'écrire simplement il faut être conscient du médium et adapté notre style de jeu. <br />
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--- L'impro a commencé par un singe qui imitait quelque chose qu'il l'avait vu faisant rire ses copains. De nos jours c'est une bande de copains qui se réunnissent pour faire les singes. --- <br />
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Alexandre Gauthier<br />